L'amour est plus fort



Avoir un objectif de vie qui soit basé sur l'amour est la meilleure assurance sur la vie quel l'on puisse avoir.

Si vous aviez demandé à mon père pourquoi il se levait le matin, vous auriez trouvé sa réponse d'une simplicité désarmante: «Pour rendre ma femme heureuse.»

Maman et papa se sont rencontrés à l'âge de neuf ans. Tous les jours, avant l'école, ils se retrouvaient sur un banc, dans le parc, avec leurs devoirs. Maman corrigeait les devoirs d'anglais de papa, et papa faisait la même chose pour les devoirs de mathématiques de maman. Lors de la cérémonie de remise des diplômes, leurs professeurs dirent que tous les deux, ils étaient «le meilleur» élève de l'école. Eh oui, au singulier!

Ils prirent leur temps pour bâtir leur relation, même si papa savait qu'elle était la femme de sa vie. Ils eurent leur premier baiser à l'âge de dix-sept ans, et leur romance ne fit que grandir jusqu'à ce qu'ils atteignent les quatre-vingts ans.

Nous ne découvrîmes toute la puissance de leur amour qu'en 1964, lorsque papa apprit qu'il avait le cancer et qu'il ne lui restait que six mois à une année, au plus, à vivre.

«Désolé de vous contredire, Docteur», dit mon père. «Mais je vais vous dire, moi, combien de temps il me reste à vivre. Un jour de plus que ma femme. Je l'aime beaucoup trop pour quitter ce monde avant elle.»

Et il en fut ainsi, à la grande surprise de tous ceux qui ne connaissaient pas vraiment ce couple que l'amour avait uni. Maman mourut à l'âge de 85 ans, et papa la rejoignit l'année suivante, à l'âge de 86 ans. Vers la fin, mon père nous confia, à mes frères et à moi, que ces dix-sept ans avaient été les plus beaux six mois qu'il avait jamais passés.

Pour les merveilleux médecins et infirmières du Centre médical des Anciens Combattants, à Long Beach, il était un miracle ambulant. Ils le soignèrent avec amour, et ne purent vraiment comprendre comment un corps tellement rongé par le cancer pouvait continuer à fonctionner si bien.

L'explication de mon père était bien simple. Il leur dit qu'il avait été étudiant en médecine pendant la Première Guerre mondiale, qu'il avait vu des bras et des jambes amputés et qu'il avait remarqué qu'aucun de ceux-ci ne pouvait penser. Alors, il décida qu'il dirait à son corps comment se comporter. Un jour, en se relevant, il ressentit une douleur atroce; alors, il regarda sa poitrine et lui dit: «Tais-toi! On est au beau milieu d'une fête ici.»

Deux jours avant qu'il nous quitte, il nous dit: «Mes garçons, bientôt je serai avec votre mère, et un jour, quelque part, nous serons à nouveau tous réunis. Mais pour ce qui est de venir nous rejoindre, prenez votre temps; votre mère et moi avons beaucoup de temps à rattraper.»

On dit que l'amour est plus fort que les murs d'une prison. Papa prouva que l'amour était rudement plus fort que de minuscules cellules cancéreuses.

Bob, George et moi sommes toujours ici-bas, forts du dernier cadeau que notre père nous a offert.

Un but, un amour et un rêve font de vous le seul maître de votre corps et de votre vie.

John Wayne Schlatter


Page précédente

Retour à l'accueil


be.nedstat.net   Hit-Parade